lundi 10 février 2020

Les turricules

J'ai choisi de parler des turricules car nous ne travaillons plus du tout le sol depuis quelques années, pas de labour ni de grattage en surface.
L'article précédent, nous avions adapté et modifier notre semoir pour se rapprocher du semis direct, nous avons fini par nous équiper d'un vrai semoir à semis direct. Le grattage que nous faisions autrefois en surface pour la lutte contre les adventis a été un échec lors d'une grosse grêle emportant notre terre arable de surface chez notre voisin. Cela a été décisif pour nous de ne plus travailler le sol.
Nous ne détenons pas la vérité, nous essayons de travailler selon nos convictions et nos connaissances du sol, tout cela ne demande qu'à être perfectible.
Nous travaillons de cette façon, car il nous semble indispensable de nous adapter à nos terres et de respecter le sol qui nous nourrit.
Nous essayons de livrer notre expérience pour échanger, communiquer et continuer à apprendre ces techniques de travail passionnantes. Nous avons rencontré des réussites et des échecs sur ces pratiques, mais nous pensons que c'est indispensable de persévérer dans ce sens.
Aujourd'hui nous avons observé dans nos champs de terre-fort comme de boulbènes des formations de turricules en quantité incroyable.












Un turricule (« petite tour », du latin turris, « tour » et du suffixe diminutif -culus), parfois appelé tortillon, est le rejet des vers de terre anéciques visibles à la surface du sol (par opposition à d'autres déjections déposées sur les parois des galeries). Ils témoignent notamment de l'importance de la bioturbation verticale dans le substrat. 
Nous avons été surpris de l'évolution au cours des années, nous nous sommes bien entendu réjouis de ce constat.
Les vers jouent un rôle important dans la structuration des sols car leurs galeries sont un mélange de matière organique et matière minérale. En brassant activement le sol, ils exercent une importante activité de bioturbation. Les turricules riches en matières argilo-humiques et consolidés par un mucus sont très résistants à la solubilisation par l'eau.
Ainsi, en complément des galeries qui facilitent l'absorption de l'eau par le substrat, lors des fortes pluies selon Le Bayon (1999)« la rugosité créée par la présence des turricules ralentit la formation de la lame d'eau et favorise la percolation au détriment du ruissellement . Selon les sols, le climat et les espèces de lombrics, on estime entre 40 et 120 tonnes de turricules qui sont excrétées par an et par hectare, autrement dit toute la terre d'un jardin ou d'un champ passe dans le tube digestif des lombrics en une cinquantaine d'années. En séchant les tortillons et les crottes déposées dans les galeries par les lombrics forment une structure grumeleuse, véritable couscous de terre, facilitant le développement racinaire.
Les turricules concentrent l'humus et les sels minéraux directement assimilables par rapport à la matière environnante ; par exemple ils contiennent 4 fois plus d'azote, 7 fois plus de phosphore, 11 fois plus de potasse, 3 fois plus de magnésium, 2 fois plus de calcium. Du fait du passage de la terre dans le tube digestif du ver de terre, les tortillons sont enrichis en bactéries qui rendent les nutriments immédiatement disponibles pour les racines des plantes avoisinantes, qui s'y approvisionnent en priorité. Les tortillons sont un concentré d'engrais naturel prêt à l'emploi. Les bactéries et protozoaires aideront à entretenir la santé de la terre et éloigneront aussi les maladies nocives qui pourraient tuer vos cultures. De plus, ils décomposeront l'ammonium dans le sol pour former de l'azote. Les bactéries et champignons stimuleront aussi la croissance dans la zone racinaire, en contribuant à la résistance aux maladies de la plante. Les nématodes sont des micro-animaux qui se nourrissent des substances indésirables dans le milieu de vos plants et qui aideront donc à entretenir l'équilibre et la santé de votre terre. Il existe de nombreux avantages à l'utilisation des déjections de vers de terre. C'est une des options bios, si ce n'est la plus bio, qui existent. Alors que le produit est fabriqué, les vers se déplacent beaucoup dans la terre. Ceci lui donne une aération constante, ce qui est vraiment difficile à obtenir en terre. Ceci apportera une résistance à la sécheresse en permettant à la terre de maintenir son humidité. Les turricules peuvent aussi augmenter le taux de germination de vos graines. Les turricules  contiendront également des œufs de vers qui finiront par éclore et augmenter le nombre de vers.
La nature et la composition des turricules fertilise des plantes et favorise le démarrage des semis. Les déjections des vers de terre contiennent davantage d'humus et de sels minéraux que la terre environnante. A me répéter, 3 fois plus de calcium et de magnésium, 4 fois plus d'azote, 7 fois plus de phosphore et 11 fois plus de potasse. Dans les turricules frais, l'activité bactérienne et microbienne est de 10 à 20 fois plus élevée que dans le sol. Les plantes puisent les éléments nutritifs disponibles dans les turricules, ils sont essentiels pour leur croissance.
Si nous grattons en surface, nous détruisons ce travail déjà si bien réalisé par nos anéciques. 
Pour l'instant il n'y a que des avantages, décompactage et aération du sol, équilibre nutritif pour nos semis, avantage lors de futures sécheresse  et engrais naturel.
Affaire à suivre...

vendredi 15 février 2019

Réflexion sur l'agriculture d'aujourd'hui

L'agriculture moderne détruit « l'outil de production », le sol, elle consomme beaucoup d'énergie fossile, oxyde le carbone du sol (qui part sous forme de CO2 en contribuant au réchauffement climatique), elle répand dans l'environnement des produits toxiques dont personne ne connaît le devenir ni les effets sur la santé (Notez que l'agriculture biologique pratiquée comme il est préconisé de le faire par les techniciens bio des coopératives, est dans le même cas avec les produits toxiques en moins.).
Elle n'est ni durable (on progresse vers la désertification car les sols déstructurés par le travail du sol perdent leurs argiles par lessivage), ni écologique (elle tue des hommes et détruit l'environnement), et en plus elle ne fonctionne qu'à coup de subventions !
Il existe une autre manière de faire de l'agriculture qui s'inspire de ce qui se passe dans la nature vierge, où « ça pousse tout seul ! ».

Ces technique de culture sur sol vivant permettent de recréer du sol là où il s'est dégradé, et les sols ainsi reconstitués deviennent auto-fertiles (plus besoin d'engrais), les plantes qui y poussent sont très peu malades à tel point que les maraîchers qui utilisent ces pratiques ne connaissent même pas le nom de beaucoup de maladie rentrées dans la maraîchage traditionnel (plus besoin de pesticides), les sols sont restructurés (plus d'érosion, plus de rivières marron après les grosses pluies) et acquièrent une porosité importante (résistance à le sécheresse et limitation des inondation) . D'un point de vue bilan carbone, ces techniques engendrent une faible consommation d'énergie fossile (on ne travaille plus le sol), et un stockage important de carbone dans le sol (les sols agricoles sont un puits de carbone énorme).

Les associations mettent à disposition de tout le monde et gratuitement toutes les connaissances permettant d'expliquer (avec la participation de scientifiques reconnus comme Marc-André Sélosse, Gérard Ducerf, Francis Hallé, Marcel Bouché, ...) et de pratiquer cette agriculture (avec la participation de nombreux agronomes et paysans qui expérimentent et partagent leur expérience).

Nous cherchons tous des solutions pour faire une agriculture durable, seine pour les agriculteurs et pour les consommateurs.
Hors j'ai pu consulter le rapport d'informations sur l' utilisation des produits phytopharmaceutiques mis à disposition pour les députés ou à ceux qui créent des lois pour nous protéger et pour que notre société fonctionne avec ses contradictions.. J'ai pu y lire dans le paragraphe "agriculture de conservation sans labour" que "l’INRA affirme qu’en l’état actuel des connaissances, il n’y a pas d’alternative efficace au glyphosate pour entretenir une parcelle dans la durée sans travailler le sol.
http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i0852.asp#P985_250952  p116 de la version PDF  Cette agriculture s’est justement construite parce que le glyphosate avait la double action de détruire les couverts d’inter-cultures et de gérer la flore vivace."
Comment faire entendre que ce modèle est faux alors qu'il existe des agriculteurs qui expérimentent d'autres pratiques de couvert végétal et qui fonctionnent parfaitement sans glyphosate?
Pour exemple parmi tant d'autres...


Que peut faire l'état ? Peut-être

- Faire savoir qu'il est possible de faire autrement et que le Glyphosate n'est pas indispensable
- Former les conseillers agricoles
- Modifier les programmes de formation dans les écoles d'agriculture et d'agronomie
- Arrêter d'encourager le bio qui travaille comme en conventionnel au profit d'un bio agroécologique
- Rémunérer les agriculteurs qui stockent du carbone dans leur sol et taxer ceux qui l'oxydent et produisent ainsi du CO2 (j'ai cru comprendre qu'il existait une taxe carbone).

Nicolas Mysline

vendredi 22 décembre 2017

Comment dénerver un foie gras

Nous avons réalisé un petit film montrant comment dénerver un foie gras.
N'ayez pas peur de travailler votre foie gras, celui-ci à la cuisson se reconstitue.



Nous vous souhaitons d'excellentes fêtes!

jeudi 8 septembre 2016

Le greffage en écusson

Le greffage en écusson se pratique uniquement de juillet à mi septembre et seulement sur les pêchers, abricotiers et pruniers.

Nous avons réalisé deux films détaillant cette technique pas à pas. Les portes greffes sont adaptés à notre terrain argilo-calcaire. Ce sont des amandiers X Pêchers, qui feront des racines profondes, plus résistantes aux grands vents. Sur les deux film on greffe donc des pêches de vigne rouges. On ne trouve pas ces variétés anciennes en commerce, pourtant un vrai régal pour nos papilles.












lundi 16 mai 2016

Plantation de Kale

Toujours dans un soucis de qualité et de trouver des plantes dont les qualités nutritives sont une priorité, cette année nous nous essayons au Kale. C'est une variété de chou très riche en vitamines et nutriments. Nous avons choisi 2 variétés pour sélectionner celle qui s'adaptera au mieux à notre terrain argilo- calcaire.


Chou Kale Lacimnato ou Palmier

Chou Kale Red Russian ou Rouge de Russie


Pas besoin de travailler le sol, on plante sur un lit de foin ou de paille. Dessous les petites bêtes travaillent divinement bien la terre à notre place

Plantation sur un joli lit de foin, qui après avoir déroulé une balle Nils a broyé sa ligne de foin. C'est ultra moelleux on s'y coucherait.


Le chou kale fait définitivement partie de la catégorie des « super aliments ». Il est gorgé de nutriments essentiels à la santé globale et permet d’atteindre les besoins quotidiens en de nombreuses vitamines et minéraux mais aussi en fibres. De par son potentiel antioxydant très élevé, il devrait faire partie de l’alimentation quotidienne de tous.

Affaire à suivre!

Préparation du sol pour un futur maïs, une féverole en engrais vert

Notre politique à la ferme c'est de faire en sorte que le sol avec ses micro organismes s'améliore d'année en année. Pour cela on ne laisse jamais un sol nu, et nous n'utilisons aucun engrais du commerce. La solution des engrais verts est bien appropriée à notre façon de travailler. Comment le choisir, et comment l'utilise t'on?
Plusieurs essais ont été fait, surtout avec des légumineuses qui elles arrivent à transformer l'azote gazeux de l'air en azote minérale assimilable par les plantes  grâce aux nodosités racinaires. Les bactéries jouent un rôle fondamental dans cette transformation. D'où l’importance de les préserver voir de les aider à vivre.
Pour cet article j'ai choisi de vous montrer la féverole de la famille des légumineuses avec ses nodosités qui renferment des bactéries Rhizobium leguminosarum  .
 Les nodosités sont ainsi le lieu d’une activité symbiotique : la plante fournit les substances carbonées aux bactéries, et les bactéries fournissent à la plante les substances azotées synthétisées à partir de l’azote atmosphérique. On les voit parfaitement sur les photos réalisées sur les racines de féveroles. D'où l'importance d'avoir un sol vivant, où les petites bêtes en tout genre travaillent le sol en l'aérant et en faisant circuler l'oxygène souvent indispensable à la vie des champignons .



Fleurs de féverole

Champs de féverole en prévision du futur semis de maïs





on peut voir de la vesse dans la féverole, une légumineuse également et des graminées qui ont poussées spontanément et qui sont également les bienvenus dans la préparation de ce champs
Nous avons donc broyé nos champs de féveroles pour implanter un futur maïs , gourmand justement en azote. Le but du broyage étant d'apporter du nutriment à la faune tellurique (champignons, bactéries, protozoaires, ver de terre, carabes etc....)

Broyage du champs pour la préparation du semis de maïs
Nous n'avons pas de semoir à semis direct qui serait l'idéal pour semer notre maïs population à travers le couvert pour des raison s de coût, 30000 euros, Nous avons adapté nos outils pour se rapprocher de ce but. Le déchaumeur modifié qui travaille les premiers centimètres du sol pour éviter de trop perturber la vie du sol. Avec les outils existants, il était impossible de semer en laissant la matière organique en surface. Le semoir monograine a été également modifié à cet effet.

Voici le déchaumeur modifié avec roues et rouleaux de terrage permettant de régler avec précision la profondeur du travail du sol. (qui n'exede jamais 10cm) Le semoir nodet ici ne servira pas au semis du maïs, il sert essentiellement au semis à la volée des céréales et derrières les dents pour la féverole)

On voit ici le soc patte d'oie de 50 cm de large au carbure qui permet de  maîtriser la profondeur de travail (pas d'usure) 

Vu d'ensemble du semoir monograine avec des petits disques ouvreurs adaptés par Nicolas pour trancher les mottes et les résidus de végétation (sans ce dispositif les mottes sont traînées formant un sillon et les graines non recouvertes)

Vu rapprochée des disques ouvreurs (ces disques ne permettant pas le semis direct car pas assez d'appuis et trop petits)


Rien à voir avec les semis, mais Opale suit de près les événements

Il existe des arbres légumineuses, sur l'image le févier d'Amérique





vendredi 29 avril 2016

Cultures en bio de saison Le triticale

Nous travaillons les terres en mode de culture biologique. Nous créons ce blog dans le but de transmettre et d'échanger les modes de travaux du sol pour améliorer les techniques de travail en bio. Nos terres sont du terre-fort, terre d'argile et de calcaire, terres très lourdes mais qui gardent les éléments nutritifs(une partie des terres que nous louons sont des boulbènes qui ne se comportent pas du tout de la même façon). Nous ne labourons plus depuis des années dans le but de préserver la vie du sol, cette vie qui elle permet de réussir les cultures. Nous n'achetons pas d’engrais bio, nous utilisons des engrais verts en nous contentant de scalper la surface du sol pour lutter contre les mauvaises herbes. Je ferais un article plus tard sur les outils utilisés car ils sont pour partie modifiés par Nicolas pour s'adapter à notre façon de travailler.

Voici un champs de triticale mené en bio.









On peut bien voir que le triticale est en bonne santé sans souffrance aucune.


On voit bien que le triticale prend le dessus sur les mauvaises herbes qui sont malgré tout présentes sans gêner le triticale.